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Par polis (en grec ancien πόλις / pólis ; « cité » dans l'étymologie latine « civitas » ; au pluriel poleis) on désigne la cité-État en Grèce antique, c'est-à-dire une communauté de citoyens autonomes ,de métèques et d'esclaves . La « cité » grecque était composée de citoyens1. Pour le Grec, la cité préexiste à l'homme. À titre d'exemple, la cité d'Athènes n'existe pas en tant que telle : c’est la cité des Athéniens, tout comme Sparte est la cité des Lacédémoniens. La notion de polis peut recouvrir trois réalités superposables et peut apparaître comme :
modifier Émergence, génèse et formation des cités ?Définir le moment historique qui a vu l'apparition de l'organisation poliade est un objet de débat pour les historiens. Jusqu'au XIIIe siècle av. J.-C., les palais mycéniens dominent la Crète, et représentent la forme la plus achevée de civilisation en Grèce. Puis ces éléments caractéristiques de la civilisation dite palatiale, disparaissent pour laisser la place à une civilisation mal connue des historiens, qualifiée de siècles obscurs. Le processus poliade a été sans doute amorcé dès cette époque, entre le Xe et le XIe siècle, plus particulièrement en Asie Mineure. C'est au VIIIe siècle av. J.-C. que des villes apparaissent, qui semblent dominer un terroir, où se soudent une communauté et dont la souveraineté est affirmée. Mais ce processus, initié vraisemblablement dès les siècles obscurs, ne devait connaître son achèvement qu'au VIe siècle, avec la formulation généralisée des droits et devoirs des citoyens. modifier Facteurs de l'émergenceLes cités se construisent lentement, par synœcisme, l'association de plusieurs villages proches en un centre commun. Souvent ce lieu est dominé par une colline, qui devient forteresse (acropole). L'évolution est différente selon chaque cité. Petit à petit, la transmission par héritage du terroir provoque des inégalités, des tensions, dans un modèle encore peu affirmé. C'est une des causes du mouvement de colonisation qui apparaît au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.. Des Grecs partent d'Eubée, puis de l'ensemble de l'espace grec, pour aller fonder des cités, comme à Marseille (colonie de Phocée), Cyrène. À chaque fois, un centre urbain émerge. Les cités sont totalement indépendantes, mais se reconnaissent d'une même culture. Cette lente formation est restituée par les récits homériques, qui ont évolué à travers le temps et renvoient à un cadre matériel mycénien, et des structures politiques des siècles obscurs. modifier Organisation des citésLe territoire était divisé en trois entités : l’astu, avec les édifices publics et l'habitat, la chora, qui réunissait les villages (nommés komai) ainsi que les terres arables. La troisième et dernière unité est l'eschatia, région couvrant les montagnes et les terres de mauvais rapport. Les remparts marquaient la limite entre agglomération et campagne. Ils avaient une valeur symbolique de puissance et d'indépendance. Dans les cités qui se trouvaient à proximité de la mer, il y avait aussi parfois la paralia, c'est-à-dire la côte et le port. L'ensemble constituait le territoire poliade. Une cité n'avait pas toujours de centre urbain, comme Sparte. Celui-ci était souvent établi selon des axes de circulation, comme à Megara Hyblaea, voire selon un plan en damier (Le Pirée), plus évolué et plus tardif, que la tradition attribue à Hippodamos de Milet. Il contenait une forteresse (acropole) parfois à l'extérieur et une place du marché (agora). Cette dernière était le centre de la cité, y réunissait tous ses caractères : politiques, religieux et commerciaux, à tel point que son absence marquait pour Aristote un trait de barbarie. L'Acropole avait une fonction religieuse, elle est fortifiée, mais n'est plus le siège du pouvoir politique depuis le VIe siècle av. J.-C.. Au Ve siècle av. J.-C., certaines sont abandonnées, transformées en poste de garde. Les citoyens vivaient dans la cité ou à la campagne, mais le gouvernement de l'État était tout entier concentré dans la cité, et aux mains des citoyens à qui la constitution avait donné le pouvoir de l'exercer. Comme le formulait Aristote, la cité est groupe « d'animaux politiques » réunis par un choix - proairésis - de vie commune (Politique, 1252 - 1254). Cette vie commune est assurée et consolidée par la référence à un même passé mythique, à des héros communs, à des rites et des lois intégrées et partagées. modifier Évolution de la cité grecqueLe grand nombre de cités-États indépendantes est la principale cause des guerres et de la rareté de toute action panhellénique. Chaque cité se distingue par un panthéon différent, une politeia différente. La connaissance de la variété des organisations politiques, de l'éducation, des croyances religieuses restent vagues et limitée aux cités les plus célèbres et les plus influentes, dont Sparte et Athènes, très différentes. modifier À l'époque hellénistiqueLes poleis perdirent beaucoup de leur vitalité avec la disparition de leur indépendance, après les conquêtes d'Alexandre le Grand, et l'émergence des royaumes hellénistiques à la fin du IVe siècle av. J.-C.. Les cités conservent la plupart de leurs institutions - comme le serment de l'éphébie à Athènes -, leur traitement des étrangers, le service rendus aux citoyens. Les magistrats sont souvent, comme à l'époque classique, nommés ou élus. Certains mécènes cumulent parfois plusieurs fonctions. Reste que l'expansion géographique et quantitative du phénomène poliade est sans précédent depuis la période de colonisation archaïque. Le principal changement se mesure en réalité dans la politique extérieure des cités qui sur ce point perdent une large part de leur autonomie quand elles gagnent en sophistication dans la gestion des affaires internes et dans la culture, la vie civique et les aménagements urbains. Une des principales questions qui agitait les cités fut celles de l'approvisionnement, préoccupation qui mit au premier plan les mécènes et les bienfaiteurs. L'évergétisme change de nature et de fonction, mais reste une compétition toute hellénique, proche des concours olympiques. Autre trait propre aux cités hellénistiques, la recherche de nouvelles alliances entre les cités et en particulier sous la forme d'accords d'isopoliteia, forme nouvelle de citoyenneté partagée. modifier À l'époque romaineLes empereurs romains vont continuer à promouvoir ce système de la cité puisqu'elle permet à des régions éloignées de s'autogérer et donc de faciliter la gestion de l'Empire. Malgré la création de provinces romaines, partout continuent à exister des cités à la grecque. Elles continuent à organiser elles-mêmes leur politique intérieure alors que la politique extérieure est aux mains de l'Empire romain. modifier Références
modifier Sourcesmodifier Bibliographie
modifier Évolution de la cité grecque
modifier Voir aussimodifier Articles connexesmodifier Liens externes |
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