Littérature érotique.html

 
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Sappho, la dixième Muse, fresque du quatrième style de Pompéi
Donatien-Alphonse-François de Sade, le Divin Marquis, dessin de Van Loo

Le sexe et l'érotisme accompagnent la naissance de la littérature1. Du Cantique des Cantiques au Kâmasûtra, du Banquet de Platon aux chants de Sappho, de L'Art d'aimer d'Ovide au Satyricon de Pétrone, des écrits libertins et blasphématoires du Divin Marquis à la philosophie transgressive et sacrilège de Georges Bataille, ces thèmes traversent siècles et civilisations.

Sommaire

modifier Présence de la sexualité dans la littérature

La sexualité et ses manifestations directes ou indirectes, des représentations de l’acte sexuel aux signes du désir en passant par les symboliques de l’amour, font partie intégrante de la littérature et ne sont pas confinées à un genre spécifiquement « érotique » ou « pornographique ».

Des nombreuses conquêtes de Dom Juan à L'Amour fou d’André Breton, des Confessions de Jean-Jacques Rousseau sur ces premiers émois sexuels aux Femmes damnées de Charles Baudelaire, la sexualité s’immisce entre les pages des œuvres littéraires sans distinction de genre : essai, théâtre, roman, poésie, etc2.

modifier Érotisme ou pornographie ?

Il est parfois difficile de classer un livre dans la catégorie pornographie ou érotisme, la subjectivité d'un tel classement étant importante.

Afin de distinguer la littérature « générale » de celle qualifiée d’érotique ou de pornographique, on peut s’interroger sur l’effet de la lecture : l’ouvrage suscite-t-il ou non une « excitation » chez le lecteur3 ? Or, ce critère, très subjectif, est par conséquent très variable d’une personne à l’autre, d'un siècle à l'autre. Si les écrits du marquis de Sade peuvent en séduire certains, ils laisseront d’autres de glace ou même les répugneront.

Pornographie ou création artistique ?

Faut-il alors regarder les motivations de l’auteur ou de l’éditeur ? Effectivement, certaines maisons d’éditions et certains auteurs se sont spécialisés dans la rédaction et la publication d’ouvrages érotiques ou pornographiques4. Le bibliophile ou le critique littéraire peuvent plus aisément qualifier d’érotiques les publications des éditeurs Gay et Doucé, Jean Fort, Charles Carrington ou, plus récemment, La Musardine.

Mais la littérature n’est pas à l’abri d’un « détournement de sens » par le lecteur : la biographie d’une martyre pourrait être lue comme un récit sadomasochiste, un Manuel secret des confesseurs (1864) pourrait servir de guide des « plaisirs interdits », etc. D'ailleurs, les éditeurs connaissent bien cette caractéristique : Charles Carrington a réédité en 1904 les Tortures et tourments des martyrs chrétiens composés en 1591 par Antonio Gallonio, Isidore Liseux a publié De la démonialité et des animaux incubes et succubes qu'écrivit en 1876 un écclésiastique le R. P. Ludovico Maria Sinistrari, etc.

Faudrait-il plutôt, pour distinguer l'érotisme de la pornographie, juger le texte selon ses qualités littéraires (qualité d'écriture, importance du sujet, portée du texte, etc.) ? Un roman de gare vite rédigé, vendu sous le manteau, lu rapidement et tombé dans l'oubli serait alors qualifié de « pornographique », tandis que Histoire de l'œil de Georges Bataille entrerait dans la catégorie de « l'érotisme ».

Mais, logiquement, ne faudrait-il pas qualifier de « pornographiques » tous les mauvais textes (polars, romans de science-fiction, poème ou autre), qui ont été publiés ? N'oublions pas que le jugement de la critique et du public envers un œuvre littéraire évolue avec le temps : en 1857, le roman Madame Bovary de Gustave Flaubert a été condamné pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs » ; à la parution de Thérèse Raquin en 1867, Émile Zola a été qualifié de « pornographe ».

Un autre critère souvent utilisé pour distinguer l'érotisme de la pornographie est la crudité ou l'obscénité des mots utilisés et des scènes représentées. Là encore, la subjectivité du lecteur peut grandement affecter la réception du texte : ce qui est choquant pour un lecteur ne le sera pas nécessairement pour un autre.

Au bout du compte, la distinction entre l'érotisme et la pornographie se fait dans la tête de chaque lecteur.

Héloïse et Abélard

modifier Livres en français

Ceci est une liste non exhaustive des livres en français, par ordre de siècle, puis alphabétique d’auteur.

modifier XIIe siècle

modifier XVe siècle

Illustration du Livre V de L'Heptaméron (édition de 1894)

modifier XVIe siècle

modifier XVIIe siècle

Les lunettes, un de plus célèbres Contes de Jean de la Fontaine
La vraye Histoire comique de Francion
illustration de Martin van Maele

modifier XVIIIe siècle

Page de garde des Bijoux indiscrets
Histoire de Saturnin, portier des chartreux
Édition de 1901 illustrée par Paul Avril
Jouissances voluptueuses de deux personnes de sexe différent aux différentes époques de la vie
par Achille Devéria
La capucinière vue par Johann Nepomuk Geiger

modifier XIXe siècle

Frontispice des Diaboliques
par Félicien Rops
Thaïs d'Anatole France
illustration de Martin van Maele (1901)
Image:Louys Aphrodite.jpg
Aphrodite de Pierre Louÿs
illustration de Paul-Emile Bécat
Auguste Rodin, lithographie pour Le Jardin des supplices, Ambroise Vollard, 1902
Les petites filles modèles
Le fouet comme méthode d'éducation
Sonnet de Paul Verlaine,
illustration de Martin van Maële (1907)

modifier XXe siècle

Cortège priapique
L'érotisme de Bataille
Inséparable du sacrilège, d'un sacré fascinant et repoussant
Martyre de sainte Agathe, peinture anonyme du XVIIe siècle
Colette
L'Art de la fessée
Querelle de Brest,
l'univers de Genet vu par Charles Demuth
Corydon
Manuel de civilités pour les petites filles
La comtesse au fouet
illustration de Martin van Maele
Les rouilles encagées
Ex-libris de Franz von Bayros
Le magnétisme du fouet