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On appelle torture toute activité consistant à produire une souffrance insupportable et parfois longue, psychologique ou physique, en évitant ou du moins en retardant la mort. Elle peut produire des séquelles physiques (ex: mutilations), ou psychologiques (ex : traumatismes). Le tortionnaire tient sa victime à sa merci, elle ne peut pas s'échapper. Les objectifs et les motivations du tortionnaire peuvent être divers :
La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'ONU, est le premier texte international à déclarer illégale la torture, dans son article 5: « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Les quatre Conventions de Genève adoptées en 1949 et leurs Protocoles additionnels (1977) prohibent la torture. D'autres textes internationaux ou régionaux ont, dans les années suivantes, interdit la torture: La Convention européenne des droits de l'homme, adoptée en 1950 par le Conseil de l'Europe, est le premier traité interdisant la torture: dans son article 3. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP, 1966, dans son article 7), les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels de 1977, la Convention relative aux droits de l'enfant (1989).(liste non exhaustive). La Convention américaine relative aux droits de l'homme (1969), la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (1981)et la Charte arabe des droits de l'homme (1994) qui n'est pas encore entrée en vigueur.
Supplice du satyre Marsyas, écorché vif; œuvre romaine de l'époque impériale
La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1984 et entrée en vigueur le 26 juin 1987, présente un intérêt spécifique.
modifier Luttes contre la tortureLa torture est donc proscrite par le droit international depuis la fin de la seconde guerre mondiale. modifier Convention contre la torture de 1984« La Convention contre la torture autres peines et traitements cruels ou dégradants » définit la torture dans son article 1, comme « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne. » Elle exige de tout Etat partie qu'il prenne « des mesures législatives, administratives,judiciaires et autres mesures efficaces pour empêcher que des actes de torture soient commis dans tout territoire sous sa juridiction », indiquant « qu'aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit ne justifie la torture », écartant toute invocation d'ordres supérieurs (art.2). L'article 3 interdit le transfert de toute personne vers un lieu où elle risque la torture et l'article 4 stipule que tous les actes de torture sont définis comme un crime. Les Etats ont obligation d'enquête lorsqu'une personne soupçonnée de torture se trouve sur leur territoire (art.6), ils doivent exercer leur compétence universelle sur ces personnes et si ces suspects ne sont pas extradés, les Etats doivent soumettre l'affaire à leur ministère public (art.7). Ils doivent ouvrir une enquête prompte et impartiale dès qu'il est soupçonné qu'un acte de torture s'est ou se serait produit sur un territoire relevant de leur compétence. Les Etats doivent former tous les responsables de l'application des lois à ne pas torturer (art.10); ils doivent fournir des réparations aux victimes (art.14) et exclure de toute procédure judiciaire toute déclaration obtenue sous la torture, sauf pour prouver que la torture a été pratiquée (art.15). modifier Outils internationaux de prévention de la tortureL'ONU a peu à peu élaboré des outils concernant la prévention de la torture et la nécessité d'assurer aux détenus des conditions de vie humaines, intitulés Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention et d'emprisonnement (1988). Des tribunaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda ont été mis en place. En 1998, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, est adopté. Toutes ces instances sont destinées à juger dans un cadre international les individus accusés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou des faits de génocide, y compris des actes de torture. En 1985, un système de compétence universelle à l'échelle du continent américain est mis en place par la Convention américaine pour la prévention et la répression de la torture. En 1987, le Conseil de l'Europe met en place d'un Comité chargé d'effectuer des inspections dans les lieux de détention situés en Europe. modifier Organisations non gouvernementales contre la tortureIl existe une Coalition des ONG internationales contre la Torture (CINAT), qui regroupe Amnesty international, l'Association pour la Prévention de la torture (APT), la Commission Internationale des Juristes (ICJ), la Fédération Internationale de l'Action des Chrétiens pour l'abolition de la Torture (FIACAT), le Conseil International pour la Réhabilitation des victimes de la Torture (IRCT), Redress et l'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) qui regroupe elle même 200 ONG membres. Human Rights Watch est aussi très connue. En France, en dehors de la branche française d'Amnesty international et de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), l'Association Primo Levi1 apporte « soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique ». Toutefois, la torture est encore pratiquée de par le monde que ce soit en secret ou sous couvert de législations entretenant un certain flou sur la question. Sur les 153 États et territoires étudiés dans le rapport de 2007 d'Amnesty international au moins 102 avaient eu recours à la torture ou à d'autres mauvais traitements. modifier Tortures privéesLes malfrats, y compris les organisations terroristes et le crime organisé, utilisent parfois la torture. Les chauffeurs, brûlant les pieds de leurs victimes pour en obtenir le magot, étaient célèbres. Voir par exemple les chauffeurs d'Orgères. Ces actes sont souvent classés parmi les faits divers. modifier La torture par les institutionsmodifier La torture jusqu’au XVIIIe siècleAu Moyen Âge et jusqu'au XVIIIe siècle en Europe, on considérait la torture comme un moyen légitime d'obtenir des aveux ou des informations de la part des suspects, informations utilisées au cours du procès. L'Inquisition est célèbre pour avoir fait largement usage de la torture ; cette autorité publia même un manuel des inquisiteurs officialisant ces pratiques. La torture a longtemps été pratiquée dans un cadre juridique. En France, elle a été abolie par Louis XVI en deux étapes: abolition de la question préparatoire par ordonnance royale du 24 août 17802, puis de la question préalable3, en 17884. modifier Époque contemporaineLa torture reste une méthode de répression commune dans les dictatures et régimes totalitaires, mais aussi dans des démocraties. Tout au long du XXe siècle siècle, la torture a été pratiquée, notamment lors de la seconde guerre mondiale, des guerres de décolonisations (la guerre d'Algérie, la guerre d'Indochine, du Vietnam), dans les répressions par les États totalitaires. C'est aussi au cours de ce siècle que sont nées les conventions internationales et les ONG condamnant la torture. Au début de notre XXIe siècle, la torture est une pratique utilisée par de nombreux pays, totalitaires ou pas. Par exemples :
Torture dans la prison d'Abou Ghraib.
Suite à sa guerre contre le terrorisme et afin de se protéger des pressions contemporaines contre la torture et de son interdiction sur son territoire et par ses agents, les États-Unis légalisent la torture5 et généralisent son utilisation par leurs services secrets. Les procédés varient : usent du procédé appelé extraordinary rendition. Il s'agit d'enlever une personne dont on veut extirper des renseignements et de la débarquer dans un pays où il pourra être torturé « discrètement » par les agents du pays où elle se trouve. De plus, devant une commission parlementaire américaine, la CIA a reconnu, mardi 5 février 2008, avoir eu recours à la simulation de noyade6. L'armée russe utilise la torture en Tchétchénie afin d'obtenir les aveux des prisonniers : ils sont battus, brûlés avec des mégots de cigarette et torturés à l'électricité, etc7. La torture est pratiquée par la Chine, notamment au Tibet, et de plus Wang Zhenchuan, procureur adjoint du parquet suprême de la République Populaire de Chine, admit publiquement en 2006 que « la plupart des erreurs judiciaires en Chine sont la conséquence d'aveux extorqués sous la torture »8. En Algérie, la torture est utilisée contre des personnes soupçonnées de détenir des informations concernant des activités terroristes9. modifier Exemples de méthodes et appareils de tortureAu Moyen Âge, différentes méthodes de tortures furent utilisées par les bourreaux. Citons entre autres le chevalet, la poire d'angoisse, les brodequins, la torture par l'eau, le supplice de la roue, celui du pal, ou encore celui de la vierge de fer.
La privation de sommeil est très fréquemment employée dans le monde. Elle a été utilisée, entre autres, par la Stasi en RDA, en URSS à partir des années 1930 (période des Grandes Purges)10 et à Cuba sous Fidel Castro11, ainsi qu'à la prison de Guantanamo.
Les victimes peuvent être forcées d'ingérer des produits, chimiques ou non (verre pilé...) pour infliger la douleur et des dégâts internes. Des produits irritants peuvent être introduits dans le rectum ou le vagin, ou appliqués sur les parties génitales.
La torture chimique peut consister à administrer à une personne une drogue pendant une longue période, provoquant ainsi une forte dépendance, puis un sevrage pénible pouvant durer plusieurs années. L'administration forcée de médicaments est également utilisée, souvent à des doses toxiques, pour punir des dissidents politiques et ou religieux12. Des agents chimiques psychotropes donnent la possibilité d’induire à volonté panique, dépression, psychose, délire et douleur extrême13.
modifier Évolution de la notion de torture depuis 1948Les organes et mécanismes internationaux relatifs aux droits humains, les commissions et les tribunaux régionaux en la matière, les tribunaux pénaux internationaux mis en place pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, ont estimé que certains cas d’atteintes aux droits humains qu’ils examinaient constituaient des actes de torture ou des mauvais traitements venant s’ajouter à l’utilisation ordinaire de la torture en tant que méthode d’interrogatoire14. Ces cas concernaient les domaines suivants : actes d’intimidation, privation sensorielle, certaines conditions de détention telles que le surpeuplement excessif, les disparitions (torture pour les victimes et pour leurs familles), destruction délibérée de la maison, expériences médicales ou scientifiques non consenties, expériences biologiques non consenties, châtiments corporels, usage excessif de la force dans les tâches de maintien de l’ordre, discrimination raciale, atteintes aux droits humains commises lors des conflits armés, formes de torture liées au sexe : viols, pratiques culturelles telles que les mutilations génitales féminines, meurtres « d’honneur », avortements forcés, stérilisation forcée. Les violences faites aux femmes, quelles que soient les circonstances, sont ainsi visées par les textes et les instances de défense des droits humains (TPIY et TPI). Les violences faites aux enfants restent presque toujours impunies 15. L’application de la peine de mort fait question. modifier Efficacité et effets de la tortureRobert Bonnaud a écrit dans la revue Les Inrockuptibles des 19-25 décembre 2000 :
En 1949, un colonel de l'armée française en poste en Indochine dit au journaliste Jacques Chégaray envoyé sur place par la revue Témoignage chrétien :
À propos du « centre de renseignement de la ferme Ameziane à Constantine », Pierre Vidal-Naquet écrit :
Extrait de la déposition du capitaine Joseph Estoup au procès du lieutenant Daniel Godot, le 1er août 1962 :
modifier La perception de l'existence et de la nécessité de la torturemodifier En Francemodifier À travers le mondeUne enquête publiée par un projet de recherche mené par l'université du Maryland18 auprès de 19 000 ressortissants de 19 pays différents, dans le cadre de la préparation de la journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture, a montré que l'usage de la torture était, en 2008, majoritairement rejeté par l'opinion publique internationale19, sauf en Inde, au Nigeria et en Turquie. En 2008, la directrice du bureau d’Amnesty International auprès des Nations unies, Yvonne Terlingen, a accusé les États-Unis et l'Europe de ne pas favoriser les opinions opposées à l'usage de la torture à cause de la rhétorique de la guerre contre le terrorisme qu'ils ont employée ou cautionnée19. modifier Voir aussimodifier Bibliographie
modifier Articles connexes
modifier Liens externes
modifier Notes
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